Deux salles, deux régies, sept caméras robotisées et environ 16 heures de direct sur YouTube : les 9 et 10 octobre 2026, mon équipe et moi avons filmé l’EBC 2026 au Crowne Plaza de Copenhague. Récit de trois jours en régie, imprévus compris.

Un client fidèle, un congrès à deux vitesses
L’European Bifurcation Club organise chaque année un congrès de cardiologie. L’édition 2026 réunissait 200 médecins à Copenhague. Comme pour l’EBC 2025 à Amsterdam et l’ELAACC 2024 à Barcelone, c’est Medi8 Events, l’organisateur, qui nous a confié la captation vidéo et la diffusion en direct.
Le programme imposait une organisation à deux vitesses. D’un côté, la salle principale (Main), diffusée en direct et en accès libre sur YouTube, pour que les médecins qui ne pouvaient pas faire le déplacement suivent les sessions à distance. De l’autre, une salle parallèle (Parallel), simplement enregistrée, pour une mise en ligne après le congrès.
Jeudi : deux régies à monter en une journée
Nous arrivons à Copenhague le jeudi 8 octobre avec une équipe de quatre techniciens : deux réalisateurs et deux opérateurs caméra, un binôme par salle. La journée est consacrée à l’installation, avec l’équipe technique locale : caméras, régies, lumière, réglages.
Nous apportons de Paris le cœur des deux régies : les mélangeurs, les enregistreurs et l’encodeur de streaming. Configurés à l’avance, ils sont prêts à l’emploi : autant de temps gagné sur place. Les caméras et la lumière, elles, sont fournies par l’équipe locale.
Deux salles, deux dispositifs
La salle principale, en direct sur YouTube
Quatre caméras robotisées Panasonic AW-UE160, l’ATEM Constellation et un encodeur Blackmagic Streaming Encoder, qui envoie le direct sur YouTube en 1080p25.

La salle parallèle, enregistrée pour le replay
Trois caméras robotisées Panasonic AW-HE145 cadrent l’orateur, le panel et le public. Un ATEM Mini Extreme ISO enregistre chaque source séparément, ce qui laisse toute liberté au montage, et les slides sont incrustées à côté de l’orateur.
Dans les deux salles, les écrans ne montrent que les présentations des médecins : les images des caméras sont réservées au direct et à l’enregistrement.

Vendredi : répétitions, puis deux salles à l’antenne
Vendredi matin, derniers réglages, répétitions et filage technique. Le congrès s’ouvre l’après-midi, dans les deux salles à la fois.
Chaque régie tourne avec un réalisateur, un opérateur qui pilote les caméras robotisées depuis un pupitre, un ingénieur du son et une personne chargée des présentations, des questions du public via Slido et du minuteur des intervenants. De mon côté, je coordonne la technique des deux salles. À l’extérieur, deux techniciens récupèrent les présentations des médecins et les envoient sur les ordinateurs de la bonne salle.


Vers 16 h 30, la salle parallèle termine son programme et se démonte. Le direct, lui, continue en salle principale : environ 6 heures d’antenne pour cette première journée.
Samedi : dix heures de direct
Le samedi 10 octobre, tout se passe en salle principale, avec environ 10 heures de direct. Sur les deux jours, le congrès aura été diffusé pendant environ 16 heures.


Les imprévus d’un tournage à l’étranger
Sur un congrès à l’étranger, une partie du matériel est fournie sur place, et c’est souvent là que tout se joue. Le plus gros défi, c’est de travailler avec une équipe technique locale. Bien en amont, il faut réussir à se faire comprendre sur nos besoins techniques, passer par les devis et multiplier les échanges pour être sûr que rien ne manque le jour J.
Cette fois, les caméras robotisées fournies par l’équipe locale étaient mal configurées et faisaient planter notre régie. Pour les réinitialiser, il fallait accéder à leurs menus… dont personne ne retrouvait les mots de passe. Nous y avons passé beaucoup de temps.
Autre surprise : la lumière. Installée le jeudi, sa configuration n’était pas terminée le soir, et aucun technicien lumière n’était prévu le lendemain. Personne sur place ne savait faire fonctionner la console. Or la lumière d’une captation n’a rien à voir avec celle d’un simple événement en public.
Après le direct : 15 sessions remontées
Le congrès terminé, le travail continue. J’ai livré le montage des 15 sessions des deux salles, chacune avec un générique, puis intégré les corrections demandées. Le tout a été livré sur un espace en ligne, prêt à être publié sur YouTube : les sessions de la salle parallèle, qui n’étaient pas diffusées en direct, seront ainsi visibles elles aussi.
Ce que je retiens
- Préparer les régies à Paris : du matériel configuré à l’avance, c’est du temps gagné sur place.
- Tout tester la veille, y compris l’accès aux réglages du matériel loué sur place.
- Exiger un technicien lumière pendant tout l’événement : la lumière d’une captation ne s’improvise pas.
- Séparer diffusion et enregistrement quand le programme s’y prête : une salle en direct, l’autre enregistrée, et toutes les sessions en replay ensuite.
Pour aller plus loin, lisez notre guide du livestream en entreprise.
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